Grèce : grève nationale contre les bas salaires et la précarité

Une grève nationale est prévue en Grèce le mercredi 9 avril. Plusieurs syndicats, représentant les contrôleur.euse.s aérien.ne.s, les travailleur.euse.s maritimes et le personnel de l'enseignement privé, unissent leurs forces pour protester contre des conditions de travail déplorables et des salaires insuffisants. « Nous n'en pouvons plus. Ils essaient de nous convaincre que le pays est économiquement fort, que la prospérité se reflète dans les statistiques et que la pauvreté n'est que dans notre imagition (comme l'a fait un ministre du gouvernement). Mais la réalité est complètement différente », souligne la Fédération des éducateurs du privé de Grèce.
Les contrôleur.euse.s aériens rejoignent la grève de 24 heures
L’Association hellénique des contrôleurs aériens a annoncé sa participation à la grève de 24 heures organisée par l’ADEDY, le syndicat des fonctionnaires. La grève durera de 00h01 à 24h00, période durant laquelle seuls quelques vols seront maintenus.
Les gens de mer exigent des salaires justes et la protection de l’emploi
La Fédération panhellénique des marins (PNO) a confirmé sa participation à la grève générale organisée par la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE). Parmi leurs principales revendications figurent l’application des conventions collectives, l’augmentation des allocations de chômage (actuellement fixées à 350 €) pour les aligner sur les normes nationales, ainsi que des sanctions plus strictes contre les infractions aux temps de travail et de repos.
Le syndicat exige aussi l’application intégrale des lois maritimes sur les conditions de travail des équipages, notamment à bord des ferries à grande vitesse naviguant en mer Adriatique. Il critique le gouvernement pour son incapacité à régler ces problèmes malgré des promesses passées d’amélioration de la sécurité maritime et des conditions d’emploi.
Les travailleur.euse.s de l’éducation privée réclament des salaires équitables
La Fédération des éducateurs du privé de Grèce (OIELE) a également annoncé sa participation à la grève, citant la dégradation des conditions de travail et des salaires stagnants. Une manifestation est prévue à 10h30 sur la place Klafthmonos à Athènes.
L’OIELE dénonce le fait que, bien que les écoles privées connaissent une augmentation du nombre d’élèves et attirent d’importants investissements étrangers, ces avantages ne profitent pas aux enseignants. Les salaires restent bien inférieurs aux niveaux d’avant 2012, après une réduction drastique de 40 % cette année-là. De nombreux.euses enseignant.e.s sont contraint.e.s de travailler plus longtemps sans compensation supplémentaire, notamment dans les écoles maternelles.
Dans le secteur de l’éducation privée au sens large, les enseignant.e.s des centres de tutorat et des écoles de langues ont vu leurs salaires diminuer depuis la crise financière, avec des taux horaires tombant jusqu’à 2,92 € avant d’être partiellement relevés à environ 8,50 €. Les instructeurs des écoles professionnelles privées gagnent entre 4 et 5 € de l’heure, contre 12 à 27 € pour leurs homologues du secteur public.
L’OIELE exige le retour aux niveaux de salaire d’avant 2012, la réintroduction des primes de Noël et des vacances, ainsi que la reprise des conventions collectives de travail pour garantir des salaires équitables. Le syndicat alerte sur la flambée du coût de la vie, qui a fortement réduit le pouvoir d’achat des travailleurs, mettant en difficulté de nombreux foyers.
« Nous n’en pouvons plus… Ils essaient de nous convaincre que le pays est économiquement fort, que la prospérité se reflète dans les statistiques et que la pauvreté n’est que dans notre imagition (comme l’a fait un ministre du gouvernement). Mais la réalité est complètement différente »
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