Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a rencontré Benjamin Netanyahou, son homologue israélien recherché à l'international, afin de discuter de l'intensification de la coopération militaire et économique entre les deux nations.

Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou :

« Bienvenue, Premier ministre Mitsotakis, mon cher ami Kyriakos. Nous sommes deux peuples anciens, deux drapeaux bleus et blancs qui se rencontrent ici. Nos civilisations libres ont pris racine à Athènes et à Jérusalem. Nous partageons des valeurs communes et faisons face aujourd’hui à des intérêts et défis communs. Je pense que de nombreuses opportunités s’offrent à nous, et j’ai hâte de les discuter avec vous », a déclaré Netanyahou au début de la rencontre.

« Vous êtes en train de transformer l’économie de la Grèce. Nous avons traversé un processus similaire. Nos liens se renforcent constamment. Je connais de nombreux Israéliens qui vont en Grèce, qui y investissent, ce qui est un signe de confiance. J’attends avec impatience l’occasion de discuter des défis en matière de sécurité, des opportunités économiques et des moyens d’accroître les chances d’une paix durable dans notre région, quelque chose que je sais que vous souhaitez également », a ajouté Netanyahou.

« D’une démocratie en Méditerranée orientale à l’autre, bienvenue mon ami. », a conclu le Premier ministre israélien, contre lequel un mandat d’arrêt a été émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.

Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis :

« Merci, monsieur le Premier ministre. C’est toujours un plaisir de discuter avec vous. Il s’agit d’un partenariat stratégique qui a une profondeur importante, comme vous l’avez souligné, et de nombreux défis en matière de sécurité que nous devons relever pour ramener notre région commune à un état de paix », a répondu Mitsotakis.

« Je souhaite aussi concentrer nos efforts sur notre coopération économique et de défense, qui est particulièrement importante pour la Grèce. J’ai vraiment hâte de poursuivre cette discussion. Nous avons toujours des échanges très francs et ouverts, et je vous remercie beaucoup de m’accueillir aujourd’hui à Jérusalem », a ajouté le Premier ministre grec.

Selon la chaîne de télévision ERT, Mitsotakis a également rencontré le président israélien Isaac Herzog, des responsables du ministère israélien de la Défense et des dirigeants de l’industrie de la défense israélienne. Ces rencontres ont permis de revoir la coopération solide existante entre les deux pays et d’examiner les perspectives d’expansion.

Réaction de l’opposition en Grèce

SYRIZA : « Un geste outrageusement provocateur »

« En visitant Jérusalem, alors que la trêve s’effondre et que les attaques israéliennes reprennent, M. Mitsotakis ignore le génocide à Gaza et refuse de rencontrer la partie palestinienne, ce qui porte atteinte au rôle traditionnel de la Grèce en tant que force stabilisatrice. Au contraire, la nature purement bilatérale de sa visite approuve de facto les politiques de Netanyahou », a déclaré SYRIZA dans un communiqué officiel, qualifiant la visite de « geste outrageusement provocateur ».

« Le gouvernement doit immédiatement élaborer une politique sérieuse et responsable sur la question palestinienne, en travaillant à une nouvelle trêve, au retour de tous les otages et à la reprise des négociations pour une solution à deux États basée sur les frontières de 1967 », a ajouté le communiqué.

Parti communiste grec (KKE) : « Aucune rencontre, aucune transaction avec des criminels de guerre ! Solidarité avec le peuple palestinien ! »

« Le boucher Netanyahu—contre lequel il existe un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre—a accueilli aujourd’hui Kyriakos Mitsotakis dans l’État meurtrier d’Israël. Aucune rencontre avec des criminels de guerre ! Solidarité avec le peuple palestinien ! L’histoire a un côté juste, et ce côté, c’est celui de la Palestine et de sa lutte pour la liberté ! » a ajouté le KKE.

Nouvelle Gauche : « Prendre dans ses bras un homme accusé de crimes de guerre et responsable du massacre à Gaza est à la fois honteux et révoltant »

« Sous le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, la Grèce se retrouve du mauvais côté de l’histoire, complice de ses moments les plus sombres. Son embrassade avec Netanyahu, un homme accusé de crimes de guerre et responsable du massacre à Gaza, est à la fois honteuse et révoltante. Il s’agit d’une démarche politiquement futile », a déclaré le bureau de presse de la Nouvelle Gauche.

« Netanyahou a prouvé que ses négociations clés se font avec la Turquie. Qu’est-ce que la Grèce tire vraiment de cette rencontre, à part une perte de crédibilité morale ? », a ajouté le parti.

Les corps de 14 travailleurs de santé palestiniens retrouvés à Gaza

Mitsotakis a visité Israël alors que ce dernier intensifiait ses attaques meurtrières contre Gaza, entraînant plus de 900 morts depuis la reprise des opérations militaires le 18 mars. Hier encore, la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) a retrouvé les corps de 14 travailleurs de la santé, une semaine après que leurs véhicules aient été ciblés par les forces israéliennes près de Rafah, dans le sud de Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza fait état de 50 277 Palestinien.ne.s confirmé.e.s mort.e.s et 114 095 blessé.e.s dans la guerre en cours menée par Israël sur Gaza. Le Bureau des médias du gouvernement de Gaza a récemment mis à jour le bilan à plus de 61 700 morts, précisant que des milliers de personnes restent disparues sous les décombres et sont présumées mortes.

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